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Samson et le Lion, Rubens

 

 

Cinquième Travail

Massacre du Lion de Némée

(Lion, 21 juillet – 20 août)

 

Le mythe

Le grand Etre qui préside dans la Chambre du Conseil du Seigneur parlait du Plan de Dieu pour tous les hommes qui sont les Fils de Dieu.

L'Instructeur se tenait à Sa droite et écoutait Ses paroles. Hercule se reposait de ses travaux.

Celui qui préside regardait le guerrier fatigué et observait ses pensées. Il dit alors à l'Instructeur : "L'heure d'un travail redoutable approche. Cet homme, fils d'homme et cependant Fils de Dieu, doit se tenir prêt. Qu'il prépare ses armes, polisse son bouclier et trempe ses flèches dans une préparation meurtrière, car le travail qui l'attend est redoutable et terrible.

Qu'il se prépare !"

 

Mais Hercule se reposait de ses travaux sans se douter de l'épreuve qui l'attendait. Il sentait que son courage était grand ; au-delà de la quatrième Porte, il chassait encore et encore la biche sacrée jusqu'au temple du Seigneur. Le moment vint où la biche timide connut bien le chasseur qui la poursuivait et, sur son ordre, approchait docilement. Ainsi, maintes et maintes fois, il la mit sur son coeur et se rendit au temple du Seigneur.

Ensuite il se reposait.

Devant la cinquième grande Porte, se tenait Hercule, armé jusqu'aux dents de tous les présents de guerre et de guerriers. Les dieux qui le regardaient remarquèrent son pas assuré, son oeil ardent et sa main prête.

 

Pourtant, du fond de son coeur il se demandait :

"Que fais-je ici ? Qu'elle est l'épreuve et pourquoi est-ce que je cherche à franchir cette Porte ?" Il lui sembla entendre une voix et répéta : "Que fais-je ici, ô Instructeur de ma vie, armé comme vous le voyez de la panoplie de guerre complète ? Que fais-je ici ?"

"Hercule, un appel de profonde détresse a retenti. Tes oreilles extérieures n'y ont pas répondu et pourtant l'oreille intérieure connaît bien le besoin, car elle a entendu une voix t'informant du besoin et t'exhortant à te mettre en route. Les gens de Némée sollicitent ton aide. Ils sont dans une profonde angoisse. Le récit de tes prouesses est arrivé à eux. Ils demandent que tu tues le lion qui dévaste le pays prenant sa part d'hommes."

"Est-ce là le bruit sauvage que j'entends ?" demanda Hercule. "Est-ce le rugissement d'un lion que je perçois dans la brise du soir ?"

 

L'Instructeur répondit : "Va, cherche le lion qui ravage le pays au-delà de la cinquième Porte. Les habitants de cette contrée dévastée vivent silencieusement derrière les portes verrouillées. Ils ne se hasardent pas à sortir pour travailler ni pour cultiver leurs terres. Du nord au sud et de l'est à l'ouest, le lion rôde et, rôdant, s'empare de tout ce qu'il rencontre sur son chemin. Son horrible rugissement s'entend toute la nuit et tous tremblent derrière leurs portes closes. Que feras-tu, ô Hercule, que feras-tu ? Où sont tes armes et ta puissante protection ?"

"Toutes ces armes ne font que me surcharger, me retarder et entraver mon départ sur le Chemin. Je n'ai besoin que de ma robuste massue, taillée de ma main d'un arbre jeune et vigoureux ; avec elle et mon coeur intrépide, je vais chercher le lion. Faites dire au peuple de Némée que je me mets en chemin ; qu'ils n'aient plus peur."

Hercule alla d'un lieu à un autre à la recherche du lion. Il trouva les habitants de Némée cachés derrière leurs portes, sauf quelques-uns qui s'aventuraient au-dehors, par nécessité ou désespoir. Ils suivaient la grand route dans la lumière du jour et, pourtant, ils étaient remplis de frayeur. Tout d'abord, ils accueillirent Hercule avec joie, puis ils lui posèrent des questions, voyant sa manière de se déplacer : sans armes, avec peu de connaissance des habitudes des lions et sans rien d'autre qu'une massue. "Où sont tes armes, Hercule ? N'as-tu pas peur ? Pourquoi poursuivre le lion sans protection ? Va prendre tes armes et ton bouclier. Le lion est féroce et fort et nombreux sont ceux qu'il a dévorés. Pourquoi courir ce risque ? Va chercher tes armes et la panoplie de guerre." Mais, sans répondre, le fils de l'homme qui est le fils de Dieu poursuivit son chemin, cherchant les traces du lion et suivant sa voix.

"Où est le lion ?" demanda Hercule. "Le lion est ici." lui fut-il répondu.

"Non, là-bas." dit une voix en proie à la peur. "Non pas, j'ai entendu son rugissement près de la montagne sauvage, cette semaine." "Et moi de même, dans cette vallée où nous nous trouvons." "J'ai vu ses traces sur un sentier que je suivais. Hercule, écoute-moi et traque-le jusqu'à son repaire."

 

Ainsi Hercule continua son chemin, sans peur et cependant effrayé, seul et cependant pas seul car, sur la piste qu'il suivait, d'autres se trouvaient et l'accompagnaient avec un espoir mêlé de peur. Pendant des jours et des nuits, il chercha le chemin, écoutant les rugissements du lion, tandis que les gens de Némée restaient tapis derrière des portes closes.

Soudain, il vit le lion qui se tenait au bord d'un épais fourré de jeunes arbres. Voyant un ennemi s'approcher et qui semblait si peu effrayé, le lion rugit et ce rugissement fit trembler les arbrisseaux et mit en fuite les gens de Némée. Hercule ne bougea pas. Il saisit son arc et ses flèches et, d'une main assurée et d'un oeil précis, il décocha une flèche vers l'épaule du lion ; mais la flèche tomba sur le sol et ne perça pas l'épaule du lion. Il tira encore et encore sur le lion jusqu'à ce qu'il ne reste plus de flèches dans son carquois. Alors le lion s'avança vers lui, indemne, fou de rage et sans peur. Jetant son arc à terre, le fils de l'homme qui est aussi fils de Dieu se précipita en criant vers le lion qui se tenait sur le Chemin, barrant sa route, stupéfait de prouesses jusqu'alors inconnues. Car Hercule continuait d'avancer. Soudain, le lion se retourna et, devant Hercule, se précipita dans un fourré sur les pentes rocheuses d'un chemin de montagne escarpé. Ainsi tous deux continuèrent.

Tout à coup, alors qu'il suivait le chemin, le lion disparut ; il ne fut plus vu ni entendu.

 

Hercule s'arrêta sur le Chemin et se tint silencieux. Il chercha d'un côté et de l'autre, tenant sa fidèle massue, l'arme qu'il avait façonnée lui-même, le présent qu'il s'était donné à lui-même en des jours passés depuis longtemps et en qui il avait confiance. Il chercha de tous côtés, passa sur chaque chemin, allant d'un point à l'autre sur l'étroit sentier qui courait au flanc de la montagne. Soudain, il arriva à une caverne d'où lui parvint un fort rugissement, un grondement sauvage qui semblait lui ordonner de s'arrêter ou de perdre la vie. Hercule s'arrêta, criant aux habitants du pays : "Le lion est ici. Vous allez voir ce que je vais faire." Hercule, fils de l'homme et cependant fils de Dieu, pénétra dans cette caverne, la traversa dans toute sa longueur et dans l'obscurité, ressortit dans la lumière du jour et ne trouva pas le lion, mais seulement une autre sortie. S'arrêtant, il entendit le lion derrière lui, mais non devant.

"Que dois-je faire ?" se dit-il ; "cette caverne a deux ouvertures ; quand j'entre par l'une, le lion en sort et revient par celle que j'ai laissée derrière moi. Que vais-je faire ? Les armes sont inutiles. Comment tuer ce lion et sauver les gens de ses crocs ? Que faire ?"

Comme il cherchait autour de lui ce qu'il pouvait faire et qu'il prêtait l'oreille aux rugissements du lion, il vit des tas de bois et de bûches à portée de sa main. Les tirant à lui, les traînant de toutes ses forces, il mit les bûches et les fagots dans l'ouverture la plus proche et obstrua ainsi le passage vers la lumière du jour aussi bien vers l'intérieur que vers l'extérieur, s'enfermant avec le lion féroce à l'intérieur de la caverne. Alors il affronta le lion.

 

A deux mains, Hercule le saisit, le tenant étroitement serré l'étouffant.

Sur son visage, il sentait le souffle du lion. Pourtant, il le tenait toujours à la gorge et serrait. Les rugissements de haine et de peur s'atténuèrent de plus en plus ; l'ennemi de l'homme devint toujours plus faible et s'affaissait. Hercule tenait bon. Ainsi, il tua le lion de ses deux mains, sans armes, grâce à sa force personnelle extraordinaire.

Il tua le lion et le dépouilla de sa peau, la montrant aux gens qui se tenaient près de l'entrée de la caverne. "Le lion est mort !" crièrent-ils. "Le lion est mort ! Nous pouvons maintenant vivre et cultiver nos terres, semer les semences nécessaires et marcher tranquillement ensemble. Le lion est  mort et grand est notre libérateur, ce fils d'homme qui est fils de Dieu, Hercule."

Hercule retourna triomphant vers Celui qui l'avait envoyé pour prouver sa force, servir et répondre au besoin de ceux qui étaient dans une extrême détresse. Il déposa la peau du lion aux pieds de Celui qui était l'Instructeur de sa vie et reçut la permission de porter cette peau à la place de celle qu'il mettait déjà.

"La tâche est accomplie. Les gens sont maintenant libérés. Il n'y a plus de peur. Le lion est mort. Je l'ai étranglé de mes propres mains."

"O Hercule, tu as de nouveau tué un lion. Le lion et les serpents doivent être mis à mort encore et encore. C'est bien mon fils. Va te reposer en paix avec ceux que tu as libérés de la peur. Le cinquième travail est terminé et je vais l'annoncer à Celui qui préside, assis, attendant, dans la Chambre du Conseil du Seigneur. Repose en paix."

De la Chambre du Conseil, parvint la voix : JE SAIS.

Le Tibétain

 

 

Le nombre cinq

Dans le cinquième signe, Hercule accomplit le travail historiquement le plus connu, car la mort du Lion de Némée a toujours été associée à Hercule ; il est intéressant de remarquer que ce célèbre travail n'a aucun rapport avec la peau de lion qu'il portait toujours et qui était celle du lion qu'il tua avant d'entreprendre ses travaux et qui fut son premier acte de service. Il avait ainsi démontré qu'il était prêt pour l'épreuve et l'entraînement.

C'est, du point de vue du nombre, un des travaux les plus dignes d'intérêt. Afin de le bien comprendre et d'en saisir la véritable signification, nous devons prendre en considération le nombre cinq qui le caractérise. Du point de vue de l'ésotériste, cinq est le nombre de l'homme, car l'homme est un divin fils de Dieu en plus du quaternaire qui est la quadruple nature inférieure : corps mental, corps émotionnel, corps vital et enveloppe physique. Selon les psychologues, l'homme est le soi, la continuité d'états mental, émotionnel et vital avec l'appareil de réponse du corps physique.

 

Nous avons vu, dans les quatre signes précédents, ces quatre états mis en relation avec l'âme.

Dans le Bélier, l'âme s'appropria le type de matière qui lui permit de se relier au monde des idées. Elle se revêtit d'une enveloppe mentale. Elle ajouta à l'individualité les combinaisons de substance mentale au moyen desquelles elle pourrait le mieux s'exprimer ; l'homme devint une âme pensante.

Dans le Taureau, elle prit contact avec le monde du désir et un processus semblable fut poursuivi. Les moyens de prendre contact sciemment avec le monde du sentiment et de l'émotion furent développés ; l'homme devint une âme sensible.

Dans les Gémeaux, un nouveau corps vital d'énergie fut construit par la réunion des énergies de l'âme et de la matière ; l'homme devint une âme vivante, car les deux pôles étaient en rapport et le corps vital ou éthérique vint à l'existence.

Dans le Cancer, signe de la naissance et de l'identification de l'unité avec la masse, le travail d'incarnation fut complété et la nature quadruple se manifesta ; l'homme devint un acteur vivant sur le plan physique.

Mais c'est dans le Lion que l'homme devient ce qui est, occultement, appelé l' "étoile à cinq branches", car cette étoile est le symbole de l'individualisation, de l'humanité, de l'être humain qui se sait être un individu et qui devient conscient de lui en tant que Soi. C'est dans ce signe que nous commençons à employer les mots "je", "mon" et "mien".

 

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La Sagesse Immémoriale de l'Orient nous dit que le nombre cinq est le plus occulte et le plus profondément significatif des nombres. Selon elle, le groupe des êtres célestes et spirituels, qui s'incarnèrent sur la terre, se manifestèrent par le quaternaire et amenèrent ainsi à l'existence la famille humaine, était le cinquième groupe de vies divines et il avait donc en lui les deux attributs de l'univers, le spirituel et le physique. Ces vies unifièrent en elles les deux pôles ; elles étaient exotériques et ésotériques, objectives et subjectives.

Nous avons ainsi le nombre dix, considéré comme le nombre de la perfection humaine et de l'accomplissement, le nombre d'un être humain parfaitement développé et manifesté, le nombre de l'équilibre réalisé entre esprit et matière. Mais c'est le nombre où l'esprit ne domine pas la matière ; c'est le nombre de l'aspirant dont l'objectif est de subordonner la matière aux besoins de l'esprit et donc de rompre l'équilibre du nombre dix.

Les anciennes écritures orientales utilisent des termes intéressants pour exprimer la nature des êtres célestes qui sont les hommes de notre temps, qui sont nous-mêmes, les fils de Dieu en incarnation. Ils sont appelés Seigneurs de la Connaissance, Seigneurs de la Volonté et du Sacrifice, Seigneurs de la Dévotion illimitée. Ces expressions qui caractérisent l'entité spirituelle résidant en chaque forme humaine, méritent la plus grande attention de ceux qui cherchent à suivre la ronde du zodiaque en individus conscients ayant un but spirituel. C'est de notre propre volonté et en pleine connaissance que nous sommes ici. Pour élever la matière au ciel, nous sommes venus à l'existence manifestée. En essence et en réalité, l'homme n'est pas ce qu'il paraît être. Il est essentiellement ce qu'il démontrera d'être dans le Verseau, le signe opposé au Lion. Il sera alors l'homme à la conscience universelle, contrairement à l'individualité autoritaire du Lion.

L'individu, dans le Lion, devient l'initié dans le Capricorne et se manifeste en tant qu'homme accompli dans le Verseau, ce qui n'est devenu possible que par la dévotion sans limite à un objectif vaguement perçu qui l'a conduit à passer et passer encore autour du zodiaque jusqu'à ce que la pleine conscience de soi soit atteinte.

 

La justesse du cinquième commandement et sa relation avec le cinquième travail et le cinquième signe deviennent apparentes. "

Honore ton père et ta mère afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne." En effet, dans le Lion, le Père-esprit et la Mère-matière se rencontrent dans l'individu et leur union produit l'entité consciente que nous appelons l'âme ou le Soi. Cependant, de même que le signe du Lion est celui où l'homme se reconnaît comme individu et commence le cycle d'expérience où il acquiert la connaissance, de même c'est celui où l'homme conscient de soi commence son entraînement en vue de l'initiation. C'est dans ce signe que nous passons le dernier des tests du sentier de probation.

Quand le travail dans ce signe est terminé, l'entraînement pour l'initiation dans le Capricorne commence. Une certaine maîtrise de la pensée a été obtenue dans le Bélier et un certain pouvoir de transmutation du désir a été acquis dans le Taureau. Les pommes de la sagesse ont été cueillies dans les Gémeaux et la distinction entre sagesse et connaissance a été un peu perçue tandis que la nécessité de transmuer l'instinct et l'intellect en intuition et de les transférer tous deux dans le Temple du Seigneur a été comprise dans le Cancer.

 

Histoire du mythe

Après un travail relativement simple dans le Cancer, et qui n'était ni dangereux ni périlleux, Eurysthée imposa à Hercule la redoutable tâche de supprimer le lion de Némée qui dévastait la campagne. Depuis longtemps, ce lion était une force destructrice et personne n'y pouvait rien. Hercule découvrit que la seule façon d'atteindre son objectif était de chasser le lion en des cercles de plus en plus concentriques jusqu'à l'acculer dans une caverne.

C'est ce qu'il fit et il le traqua jusque dans son repaire. Ayant réussi ce stade préliminaire, il fit la découverte déplaisante que la caverne avait deux ouvertures et que, dès qu'il chassait le lion dans l'une, il le voyait apparaître dans l'autre. Hercule n'avait donc rien de mieux à faire que d'arrêter la chasse et de bloquer l'une des ouvertures de la caverne. Il chassa ensuite le lion dans la caverne par l'ouverture libre et, laissant toutes ses armes derrière lui, même la massue qu'il avait façonnée lui-même, il pénétra dans la caverne et, de ses deux mains, serra le lion à la gorge jusqu'à ce qu'il meure. Ce fut un affrontement, Hercule et le lion, que personne ne vit, dans l'obscurité de la caverne, une lutte à mort.

 

Champ du travail

Le signe du Lion est l'un des quatre bras de la Croix fixe des cieux, la croix sur laquelle le Christ cosmique et le Christ individuel sont toujours crucifiés. Le mot "crucifié" aurait peut-être sa vraie signification si nous le remplacions par le mot "sacrifié", car dans le développement de la conscience christique dans la forme, stade après stade, divers aspects de la nature sont vus comme étant sacrifiés.

Dans le Taureau, symbole de la force créatrice qui s'exprime par le désir, nous voyons l'aspect inférieur de la force divine créatrice, le désir sexuel, transmué, ou sacrifié, en son aspect supérieur. Il fallait qu'il fût ainsi élevé jusqu'au ciel.

Dans le Lion, nous voyons à l'oeuvre dans l'individu le mental cosmique sous la forme du mental inférieur qui raisonne. Cet aspect inférieur doit aussi être sacrifié et le petit mental de l'homme doit être subordonné au mental universel.

Dans le Scorpion, troisième bras de la Croix fixe, nous trouvons l'amour cosmique ou attraction cosmique. Là il se montre sous son aspect inférieur et c'est ce que nous appelons la grande Illusion. Dans le Scorpion, nous voyons l'aspirant sur la croix, qui sacrifie l'illusion à la Réalité.

Dans le Verseau, nous avons la lumière de la conscience qui irradie l'être humain et provoque  le sacrifice de la vie individuelle et sa fusion dans le tout universel.

C'est là la véritable crucifixion : le sacrifice du reflet à la réalité, de l'aspect inférieur à l'aspect supérieur, de l'unité individuelle au Tout. Ce furent ces caractéristiques que le Christ démontra si merveilleusement. Il se présenta comme Créateur. Il démontra qu'il agissait sous l'influence du mental illuminé. Il personnifia en lui-même l'amour de Dieu et il s'annonça comme étant la Lumière du monde. C'est pourquoi le problème d'Hercule était le problème du signe du Lion : aa crucifixion du soi inférieur et la conquête de l'auto-affirmation.

 

A l'origine, le zodiaque comprenait seulement dix constellations ; à une certaine date, en vérité inconnue, les constellations du Lion et de la Vierge n'étaient qu'un seul symbole. Il se peut que le mystère du Sphinx ait un rapport avec ceci car, dans le Sphinx. nous avons le lion avec une tête de femme, Lion et Vierge, le symbole du lion ou âme royale et sa relation avec la matière ou aspect-Mère, ce qui peut donc signifier deux polarités, masculine et féminine, positive et négative.

Dans cette constellation, se trouve une étoile très brillante, l'une des quatre étoiles royales des cieux. Elle est appelée Régulus, le Régent, le Législateur, ce qui signifie que l'homme peut être maintenant une loi à soi même, car il a en lui ce qui est le roi ou le régent. Caché dans la constellation,se trouve aussi un groupe d'étoiles lumineuses, appelé "La Faucille". Aux anciens initiés, qui voyaient dans les constellations la personnification de forces et le symbole d'un drame encore plus grand que tout ce qu'ils pouvaient comprendre, la constellation du Lion apportait trois idées majeures. Premièrement, que l'homme est le régent, le roi, Dieu incarné, un fils de Dieu ; deuxièmement, que l'homme est gouverné par la loi, la loi de la nature, la loi qu'il établit pour lui-même et la loi spirituelle à laquelle il se subordonnera finalement ; troisièmement, que la tâche de l'individu est d'utiliser la "faucille" et de couper ou de faucher ce qui entrave l'application de la loi spirituelle et retarde ainsi l'épanouissement de l'âme.

La constellation du Lion a quatre-vingt-quinze étoiles dont deux sont de première grandeur. Il nous est dit qu'en Egypte son nom signifie "déversement", le Nil, en cette saison, donnait sa pleine irrigation. Il y a aussi à cela un sens ésotérique intéressant car, selon l'enseignement de la Sagesse Immémoriale, la famille humaine vint à l'existence grâce à ce qui est techniquement appelé "le troisième déversement", appellation donnée à l'arrivée d'une grande marée d'âmes dans des corps d'animaux et, par conséquent, la formation de la famille humaine composée d'individus.

Les quatre-vingt-quinze étoiles de cette constellation ont aussi une signification numérique, car nous avons là neuf fois dix plus cinq.

Neuf est le nombre de l'initiation ; dix, celui de la perfection de l'homme ; cinq, celui de l'homme. Ainsi, dans ce groupe d'étoiles, nous avons l'histoire de l'homme, de la personnalité, de l'initié et de son ultime accomplissement spirituel.


 

Les trois constellations symboliques

Il existe une très grande constellation appelé l'Hydre, le serpent, associée au signe du Lion. Nous trouvons aussi la Coupe et le Corbeau. Elles signifient et résument le problème de l'homme qui cherche l'initiation et lui dépeignent clairement le travail qu'il doit faire. Alors que le Lion, le roi, l'âme, se met au travail, il réalise qu'il doit boire la coupe de la souffrance et de l'expérience, maîtriser le serpent de l'illusion et éliminer l'oiseau de proie.

Sur les anciennes images, l'Hydre, le serpent, est un serpent femelle ; il s'étend sur plus de cent degrés et se trouve au-dessous des constellations du Cancer, du Lion et de la Vierge.

Dans le Scorpion, le serpent de la matière ou de l'illusion, avec lequel l'âme s'est identifiée pendant si longtemps, est finalement maîtrisé. Il comprend soixante étoiles ; nous avons là de nouveau un nombre significatif, car six est le nombre du mental, du travail créateur, du mental universel et des six jours de la création. Dans le sixième signe, la Vierge, nous avons la forme parachevée. Dans l'Apocalypse, il nous est dit que la marque de la Bête est 666, et l'Hydre s'étend au-dessous de trois constellations et son nombre est six, donc trois fois puissant. Dix est le nombre de la perfection. Six exprime, par conséquent, les limitations de la nature du corps qui agit par la forme, et l'utilisation de la personnalité. Il symbolise Dieu dans la nature, soit cosmiquement, soit individuellement. L'Hydre, le serpent, représente l'aspect matière alors qu'il voile et cache l'âme.

La Coupe comprend treize étoiles de moyenne grandeur et environ quatre-vingt-dix petites étoiles, bien que certains livres d'astronomie ne parlent que de trois étoiles lumineuses et de quatre-vingt-dix petites. Nous avons de nouveau le nombre de la matière, de la prise de la forme et le nombre de ce qui est appelé "apostasie" ou "tourner le dos", comme le fit Juda Iscariote à l'égard de l'âme ou aspect christique. La Coupe fait réellement partie du corps de l'Hydre, car les étoiles qui forment le pied de la coupe font partie du corps du serpent, et les deux constellations les revendiquent. C'est la coupe que chaque être humain doit boire et qui est remplie de ce qu'il a distillé de son expérience dans la matière. C'est la coupe de l' "obligation" de certains rituels maçonniques et elle symbolise l'absorption de ce que nous avons nous-mêmes préparé. En d'autres termes, la même vérité peut être exprimée par les paroles de la Bible chrétienne : "Ce qu'un homme sème, il le récoltera."

Troisièmement, nous avons le Corbeau, au-dessus de l'Hydre, le serpent, et qui lui donne des coups de bec. Il comprend neuf étoiles ; de nouveau le nombre de l'initiation. L'Ancien Testament commença par un corbeau, le Nouveau Testament commence par une colombe. L'expérience commence par l'oiseau de la matière et finit par l'oiseau de l'esprit. Il est intéressant de remarquer que, dans le Verseau, signe de la consommation par rapport au Lion, nous trouvons le Cygne, symbole de l'oiseau de l'esprit. Nous lisons dans La Voix du Silence : "Alors tu pourras te reposer entre les ailes du grand oiseau. Doux est le repos entre les ailes de ce qui n'est pas né ni ne meurt, mais qui est le Aum à travers l'éternité des âges." Dans une note, H.P.B., se référant au cygne, dit : "Le Rigvéda dit : ... La lettre A est considérée comme étant l'aile droite de l'oiseau Hamsa, U est son aile gauche et M, sa queue..."

(Les Chakras, C.W. Leadbeater)

 

Dans le zodiaque de Denderah, le Lion et les trois constellations attenantes sont dépeints comme formant un seul grand signe, car on y voit le Lion qui marche sur le serpent. Le Corbeau est perché sur l'épaule du Lion, tandis qu'au-dessous se trouve une figure féminine ornée de plumes (encore le symbole de la matière) tenant deux coupes, celle de l'expérience et de la pénitence puis la coupe offerte à l'initié à laquelle se réfère le Christ dans le Jardin de Gethsémani, lorsqu'Il demanda qu'elle lui fut épargnée, mais qu'Il finit par boire.

Ainsi Hercule, l'aspirant, s'exprimant dans le Lion, a la vision de la grande bataille qui l'attend. Il sait que son passé doit s'accomplir dans le futur ; il sait qu'avant de gravir la montagne dans le Capricorne, il doit tuer l'Hydre, qu'il ne peut plus être le Corbeau, mais qu'il doit se manifester comme l'Aigle dans le Scorpion et comme le Cygne dans le Verseau. Il doit commencer à le réaliser dans le Lion, en démontrant le pouvoir d'oser en faisant face à la terrible lutte qui l'attend dans les trois prochains signes et en tuant le lion de sa propre nature (le roi des animaux) seul et sans aide, et gagner ainsi le pouvoir de maîtriser l'Hydre dans le Scorpion.


 

Leçon du Travail

Deux pensées extraites de la Bible résument la leçon de ce travail. Dans la première épître de Pierre (5 ; 8) nous trouvons : "Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera." Et dans l'Apocalypse (5 ; 5) : "Voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et détacher ses sept sceaux."

Hercule, l'aspirant, l'âme, symbolisait le lion, le prince, le roi, le régent et c'est pourquoi il portait symboliquement la peau du lion. Le lion de Némée représente essentiellement la personnalité coordonnée dominante, car l'aspirant doit toujours être un individu très évolué

 

Hercule_et_peau_de_Lion

 

Quand les trois aspects du soi personnel inférieur sont fondus et fusionnés et donc puissants au-delà de la moyenne, l'aspirant devient souvent un peu pénible et difficile. Il a un mental et il s'en sert. Ses émotions sont dominées ou alors tellement incorporées à ses réactions mentales qu'elles sont très puissantes. Il est, par conséquent, très individualiste, souvent très agressif, sûr de lui et satisfait de lui-même ; sa personnalité est donc une force destructrice dans la famille, dans la société ou l'organisation à laquelle il peut être affilié. C'est pourquoi l'aspirant, le lion de Juda, doit tuer le lion de la personnalité. Etant sorti de la masse et ayant développé son individualité, il doit alors détruire ce qu'il a créé. Il doit réduire à l'impuissance ce qui a été jusqu'alors le grand agent de protection. L'égoïsme, l'instinct d'autoprotection doit céder la place au désintéressement, ce qui est littéralement la subordination du Soi au Tout.

 

Le lion de Némée symbolise donc la puissante personnalité qui menace la paix de la contrée. Quelle est la leçon à tirer du fait qu'Hercule traqua le lion dans une caverne à deux ouvertures ? Pourquoi obstrua-t-il l'une des ouvertures et pénétra-t-il par l'autre ? Quel est l'enseignement spirituel sousjacent à la tradition selon laquelle il tua le lion de ses mains nues ?

Beaucoup de ces anciennes histoires ont gardé le secret de leur véritable signification pendant des milliers d'années. Ce n'est qu'aujourd'hui et dans cette génération que le sens ésotérique véritable apparaît. Ce qui est intéressant dans la période que nous vivons maintenant est qu'elle marque un développement absolument unique dans l'évolution de la race humaine.

Il y a toujours eu des manifestations de dieux solaires et le travail d'Hercule fut vécu maintes et maintes fois par quelques individus. Chaque nation a produit ses aspirants évolués qui traquèrent le lion de la personnalité jusque dans la caverne et, là, le maîtrisèrent. Mais, relativement aux myriades d'êtres humains, ils ont constitué une très faible minorité.

Nous sommes maintenant dans un monde qui voit beaucoup d'aspirants et, dans toutes les nations, la génération montante produira ses milliers de disciples ; déjà des milliers d'individus cherchent le Chemin. Le monde est plein de personnalités et le moment est venu où le lion de la tribu de Juda doit triompher du lion du soi personnel. Nous ne sommes pas seuls dans notre lutte, comme l'était Hercule, mais nous faisons partie d'un grand groupe de fils de Dieu qui se débattent dans les épreuves préparatoires à l'initiation ainsi que dans les problèmes qui feront éclore les pleins pouvoirs de l'âme.

Dans le Capricorne, nous gravirons le sommet de la montagne et entrant, comme nous sommes en train de le faire, dans le cycle du Verseau, nous pouvons, comme aspirants, commencer à apprendre la leçon du service et de la conscience universelle.

Quand, dans deux mille ans , nous entrerons dans le Capricorne il y aura un grand rassemblement d'initiés et des centaines de disciples escaladeront la Montagne de l'Initiation et la Montagne de la Transfiguration. En attendant, il nous faut nous occuper du lion de la personnalité et entrer dans la caverne.

Dans le symbolisme des Ecritures, les événements les plus importants se passent soit dans la caverne, soit sur la montagne. Le Christ est né dans une grotte, une caverne, la personnalité est maîtrisée dans la caverne ; la voix du Seigneur est entendue dans la caverne, la conscience christique est nourrie dans la caverne du coeur. Toutefois, après les expériences dans la caverne, la Montagne de la Transfiguration est atteinte, puis la Montagne de la Crucifixion et, finalement, la Montagne de l'Ascension.

J'aimerais donner ici l'interprétation technique, peut-être plus scientifique, de cette caverne où pénétra Hercule. La race aryenne à laquelle nous appartenons est une race d'intense développement mental. Partout, la conscience des individus est en train de se déplacer sûrement hors de la nature émotionnelle donc hors du centre du plexus solaire, dans le corps mental et par conséquent, dans la tête. Il y a dans la tête une petite caverne, une petite structure osseuse qui protège l'une des glandes les plus importantes du corps, la glande pituitaire. Quand cette glande sera en pleine activité, nous aurons une personnalité parachevée et active, se gouvernant elle-même, douée d'activité mentale et d'endurance.

Le corps pituitaire a une double configuration ; dans l'un de ses lobes, le frontal ou anté-pituitaire, se trouve le siège du mental qui raisonne, de l'intellectualité et, de l'autre, le post-pituitaire, siège de la nature émotionnelle imaginative. Il est dit aussi que cette glande coordonne les autres, dirige la croissance et est essentielle à la vie. Berman définit l'intellectualité comme la "capacité mentale de maîtriser son environnement par des concepts et des idées abstraites". Quand cette glande est insuffisamment développée, il y a aussi bien une déficience affective qu'une déficience mentale. Beaucoup d'endocrinologues et de psychologues se sont exprimés de manière semblable. C'est dans cette caverne que le lion de la personnalité développée a son repaire et c'est là qu'Hercule, le dieu solaire, doit vaincre.

Pendant des siècles, les Egyptiens et spécialement les Hindous ont connu l'existence des chakras ou centres de force dans le corps éthérique. La découverte du système endocrinien montre l'existence de glandes physiques correspondant aux mêmes endroits. L'une d'elles, le corps pituitaire, avec ses deux lobes, symbolise la caverne aux deux ouvertures, dont l'une devait être fermée par Hercule avant qu'il ne puisse maîtriser la personnalité au moyen du mental supérieur. En effet, ce n'est qu'après avoir bloqué l'ouverture des émotions personnelles (post-pituitaire), lancé au loin sa fidèle massue et refusé symboliquement de mener plus longtemps une vie personnelle et égoïste, qu'il put, entrant par l'ouverture représentée par l'anté-pituitaire, vaincre le lion de la personnalité dans la caverne. Ces corrélations sont si exactes qu'elles présentent un imposant témoignage de la parfaite intégrité du Plan. "En haut comme en bas." Une remarquable corrélation entre les véritésvbiologiques et les vérités spirituelles.

Source : "Les travaux d'Hercule " de Alice Ann Bailey