sauge officinale

 

Généralités :

La sauge de la famille des lamiacées, provient à l'origine des montagnes du Sud de l'Europe. Elle pousse également dans les contrées tempérées de l'Europe centrale et occidentale. Plantée au bon endroit du jardin, elle s'étale sur plusieurs mètres carrés. Poussant en buisson persistant, la partie inférieure des tiges à l'aspect du bois. Les longues feuilles étroites, disposées en face à face, sont souples et feutrées. Gris verdâtre au printemps, elles deviennent argentées en automne. La sauge fleurit à partir de la mi-mai ou en juin. Au sommet des tiges, les parties labiées se groupent en verticille, comportant généralement six à dix fleurs. La sauge pousse de préférence au soleil, sur des sols légers pas trop humides.

 

Goût et utilisation :

Son odeur rappelle celle du camphre. Cette plante aromatique au goût légèrement amer possède des vertus astringentes, bien utiles pour de nombreuses affections à la gorge. Les jeunes feuilles et les sommités fleuries peuvent être récoltées pendant toute l'année. La récolte principale a cependant lieu à partir de la mi-mai, juste après le début de la floraison. La sauge devrait de préférence être cueillie les jours ensoleillés, en fin de journée, les huiles essentielles étant à ce moment le plus exposées aux rayons du soleil. La sauge se consomme de préférence fraîche, elle se conserve aussi facilement après séchage. Elle perd toutefois un peu de sa saveur si elle est mise dans l'huile ou en étant congelée.

 

En cuisine :

Elle s'utilise avec modération en raison de son goût très prononcé. Elle dégage son plein arôme si elle est cuite en même temps que les plats de viande tels que le mouton, le veau, le gibier, le porc, le lapin, lav iande hachée et la volaille. Elle se marie aussi bien avec tous les abats comme le coeur, le foie et les rognons, mais également les poissons ou, en petite quantité, avec des salades à base de poisson. Elle complète les plats de pâtes, les plats frits, à base d'oeufs et même les légumes. Très appréciée aussi pour mariner des cornichons, préparer le fromage et le beurre aux fines herbes, concocter des soupes au goût un peu amer, des fromages crémeux et une salade de tomates. La sauge est une épice servant fréquemment dans la cuisine méditerranéenne, se combinant merveilleusement avec d'autres herbes au goût prononcé comme le romarin, le piment chili, l'ail et les oignons. La saveur des fines herbes au goût fin est cependant étouffée par celui de la sauge. Contrairement à beaucoup de fines herbes, la sauge supporte un traitement plus robuste. Elle peut cuire dans une matière grasse, cela la rend même plus digeste, en intensifiant sa saveur.

 

sauge officinale fleur

Elixir de Sauge (Salvia officinalis)

Cet élixir favorise la réflexion sur les évènements de notre existence. Il apporte compréhension, paix intérieure, harmonie avec la conscience collective, recul sur les expériences passées. Il aligne les corps mental et spirituel, évitant le fanatisme (hypertrophie du mental) et l'athéisme (atrophie du corps de l'esprit).

Cette plante figure l'image 6 de Coeur du Tarot de Mademoiselle Lenormand. Peut-être la classe-t-elle dans les plantes solaires qui réchauffent si bien un organisme surtout quand ce dernier tend vers la liquéfaction (transpiration excessive, diarrhée, hémorragies, priapisme, sécrétion de lait abondante) ?

Comme toutes les labiées, la sauge contient des principes sulfurés, camphrés, flavonés qui expliquent ses propriétés thermiques curatives. Son tanin oblige l'éther chaleur à empiéter sur la région de l'éther de vie. Ce processus est idéal pour combattre l'asthme et toutes les affections qui touchent l'arbre respiratoire (angine, bronchite, emphysème, grippe, refroidissements, toux, tabagisme); mais encore tout ce qui tend vers la léthargie, l'état végétatif. Ici, nous recommanderons cet élixir contre la dépression, les attaques d'apoplexie, la paralysie du cerveau ou de la face, l'asthénie, les oedèmes, les ulcères variqueux et autres obstructions des voies du sang, voire même des canaux des méridiens et des nadis. Ce qui précède explique aussi l'efficacité de la sauge contre les aphtes, les champignons qui tapissent les muqueuses du tube digestif. C'est comme si le manque de vitalité de ces dernières laissaient des corps étrangers s'installer.

Ce qui fait la particularité de cette plante avec ses cousines de la même famille est la présence d'oxalate de calcium et d'oestrogènes. Sa phytohormone fortifie l'utérus, combat la frigidité, la stérilité, l'impuissance, la leucorrhée, prépare les futures mamans pour un meilleur accouchement, augmente la lactation lors de l'allaitement.

On ne peut pas dire que cet élixir agit plus sur un chakra. C'est plutôt un salvateur général. Il n'y a rien de martien dans l'apparence de sa plante. Si on la prépare autrement que la méthode du docteur Bach, on peut, peut-être, rencontrer la même substance toxique que celle de l'absinthe, laquelle facilite l'épilepsie. Donc abstenez-vous de toute autre préparation, car cette préparation qui utilise uniquement la quintescence de la fleur ne connaît aucun poison. La même remarque s'adresse aux femmes qui présentent un terrain fibromateux ou aux personnes du type sanguin.Par contre, cette palnte utilise le couple saponine-oxalate de calcium pour contre l'installation des fameux calculs biliaires et rénaux qui font si mal. Pour plus de sûreté, le test par une personne compétente est souhaitable.

Mots-clés : Ce thé d'Europe comme l'appellent les Chinois était si apprécié chez ces derniers au siècle dernier qu'il était échangé dans les comptoirs portuaires à raison d'une caisse de sauge contre deux caisses de thé. Cela prouve la haute estime mondiale de la plante. Rappelons encore que les Italiens l'appellent Salvia maggiore (le salvateur majeur) et les anglais Sage.

 

sauge officinale 2

Sauge

Salvia officinalis

Labiée

 

Synonyme : herbe sacrée, thé de Grèce, thé de France.

Plante commune des jardins, pousse sur tous les continents. C'est l'herba sacra des Latins. Pour l'Ecole de Salerne : " Salvie salvatrix, natura conciliatrix ". Remède populaire toujours très employé et l'une des plantes médicinales les plus renommées. Il existe environ 500 variétés de sauge.

 

Parties utilisées : feuilles, fleurs, huile essentielle (qui peut-être épileptisante et toxique pour le système nerveux, même à faibles doses : 2 fois plus toxique que l'absinthe).

 

Principaux constituants connus : tanin, un principe oestrogène, une essence : bornéal, salviol (ou camphre de sauge), cinéol, salvène, salvone (cétone appelée aussi thuyone, environ 50%)...

 

Propriétés :

Usage interne :

- tonique, stimulant général (excitant nervin et des cortico-surrénales)

- équilibrant du vago-sympathique et nervin

- antispasmodique

- apéritif

- stomachique

- antiseptique

- antisudoral (Van Swieten)

- dépuratif

- diurétique

- hypertenseur (Caujolle, Cazal)

- emménagogue (l'extrit purifié de sauge, injecté à des souris, provoque des modifications comparables à celles que produit la folliculine : Kroszcynski et Bychoka).

- favorise la conception

- anticancer (?)

- antilaiteux

 

Usage externe :

- astringent

- cicatrisant

- antiseptique

- tonique, antirhumatismal (bains)

 

Indications

Usage interne :

- relève les forces de l'organisme tout entier, indiquée pour toutes les infirmités : organes digestifs, hépatisme, affections urinaires, pulmonaires, pleurales...

- asthénies (convalescences...), neurasthénie

- dyspepsies par atonie gastro-intestinale, digestions lentes, inappétence

- affections nerveuses : tremblements, vertiges, paralysies

- apoplexie

- bronchites chroniques, asthme

- sueurs nocturnes des turbéculeux et des convalescents

- sueurs profuses des mains, aisselles

- adénites, lymphatisme

- fièvres intermittentes

- hypotension

- régulateur dans les règles insuffisantes, dysménorrhées

- ménopause

- stérilité (Lyte)

- diarrhée (des tuberculeux et des nourrissons)

- cancérose

- préparation à l'accouchement

- pour faire tarir la lactation

 

Usage externe :

- leucorrhées (injections vaginales)

- aphtes, stomatites, angines,  laryngites, névralgies dentaires

- asthme

- plaies atones, ulcères

- dermatoses (eczémas)

- débilité infantile, rachitisme, scrofulose

- alopécie

- piqûres de guêpes, d'insectes

- désinfection des habitations

 

Contre-indication : allaitements

 

Mode d'emploi :

Usage interne :

- infusions : 20 g de feuilles + fleurs pour 1 tasse d'eau bouillante. Infuser 10 minutes. 3 tasses par jour.

- teinture : 30 à 40 gouttes, 2 fois par jour, dans un peu d'eau chaude.

- extrait fluide de sauge stabilisée : une cuillerée à café dans une infusion de mélisse, le soir, comme équilibrant nervin, et contre les sueurs.

- essence : 82 à 4 gouttes, 3 fois pas jour, en solution alccolique ou dans du miel .

- poudre : 1 à 4 g par jour

- vin stimulant : feuilles de sauge 80 g, vin rouge ou blanc 1 litre - laisser macérer une semaine. Une à trois cuillerées à soupe après les repas. Recommandé par H. Leclerc aux asthéniques, surmenés physiques et intellectuels, neurasthéniques, dystoniques neuro-végétatifs, dans les suites des maladies prolongées (également contre les fièvres intermittentes)

- utilisé également en attouchements contre les aphtes

- le vin chaud à la sauge remplace aisément le vin chaud à la cannelle.

- potion antisudorale : extrait fluide de sauge stabilisé 50 g, sirop de fleurs d'oranger 30 g, eau qsp 150 cc - une cuillerée à soupe au coucher (tuberculose, ménopause)

 

Usage externe :

- suppositoires emménagogues : extrait fluide de sauge stabilisée 0,25 g, onguent populeum 1 g, beurre de cacao 3 g, cire blanche qsp 1 supp. - 1 à 2 par  jour (amnorrhée, dysménorrhée, stérilité ?)

- décoction : une poignée de feuilles + fleurs pour 1 litre d'eau. Bouillir 10 minutes.

- en bains de bouche (aphtes, stomatites, ulcérations de la bouche)

- en injections vaginales (leucorhée)

- en compresses sur ulcères de jambe, plaies atones, dermatoses, eczémas

- teinture et rhum en parties égales : en frictions dans les alopécies

- contre les piqûres d'insectes, de guêpes : applications de feuilles froissées.

- feuilles séchées, fumées (asthme)

- pommade avec : feuilles de sauge 30 g, feuilles de lierre terrestre 30 g, axonge 250 g, cire blanche 45 g - faire cuire le tout ensemble et retirer les plantes (plaies atones, ulcères, contusions)

- bains d'infusions : enfants affaiblis, rachitiques, scrofuleux, rhumatisants.

- bain aphrodisiaque (sous toutes réserves) : muscade concassée 50 g, romarin + sauge+ origan + menthe + fleurs de camomille + eau bouillante aa 500 g - laisser infuser 12 heures, et ajouter : teinture de genièvre 100 g, teinture de girofle 100 g - pour un grand bain.

 

N.B.

1 - L'infusion , prise régulièrement un mois avant l'accouchement, en réduit considérablement les douleurs.

2 - La sauge des prés (salvia pratensis) a les mêmes propriétés que salvia officinalis, mais à un moindre degré.

La sauge sclarée (salvia  sclarea) a également les mêmes propriétés. On en utilisera spécialement les propriétés stimulantes et emménagogues (aménorrhée, dysménorrhée). Ses feuilles s'emploient encore aujourd'hu icontre la coqueluche. Elle contient une eseence qui a la consistance d'un miel dur et renferme le sclareol. On l'emploie en cosmétologie pour son odeur d'ambre gris. Elle sert de parfum de support en parfumerie.

Cette variété de sauge fut, selon Elt Muller, utilisée autrefois par certains marchands de vin allemand pour falsifier leurs produits. Une infusion de sauge sclarée et de sureau conférait, aux vins du Rhin, une odeur agréable de muscat. C'est sans doute la raison pour laquelle la plate s'appelait Muskateller Salbel.

3 - Pour désinfecter les locaux où des malades graves ont séjourné, brûler des feuilles de sauge sur des charbons.

4 - La soupe aigo-bouido des Provencaux comprend une infusion de feuilles de sauge pour 2 litres d'eau, du sel, du poivre, de l'ail et 100 g d'huile d'olives. On fait bouillir 10 minutes et on verse sur des tranches de pain.

 

* Spécialités : Bains " Alg-Essences ", " Tégarome "

 

La sauge en endocrinologie  

 

Selon le Docteur Jean-Michel Morel dans Traité Pratique de Phytothérapie au chapitre des plantes à action de stimulation ovarienne  

Comme pour le houblon, l'action oestrogène-like de la sauge officinale n'est pas démontrée mais traditionnellement exploitée par des générations d'utilisatrices. Elle renferme une huile essentielle très toxique (300mg=15 gouttes suffisent pour tuer un chien) contenant 35 à 60% de thuyone (ce qui contrindique presque formellement l'emploi de l'huile essentielle pure de salvia officinalis), des tanins et composés phénoliques dont l'acide rosmarinique, des diterpènes, des triterpènes, des flavonoïdes. 

Elle est spécifiquement antisudorale (autrefois employée dans les sueurs de tuberculeux), oestrogénique et antigalactogène (remarquablement efficace pour couper le lait des nourrices, comme le persil), anti-oxydante comme beaucoup de lamacées (utilisation en charcuterie), fortement anti-asthénique (HE, acide rosmarinique), tonicardiaque et antiarythmique.  

L'action sur les bouffées de chaleurs est fidèle. Elle est bactéricide et anti-fongique, et donnera en outre de bons résultats chez les femmes colopathes présentant des troubles digestifs tels que ballonnements, lenteur à la digestion, mais aussi dans les troubles à distance induits par un déséquilibre de flore, vaginites, cystites et cytalgies à urines claires, surtout lorsqu'ils sont liées à une carence oestrogénique réelle.  

Avant la ménopause, elle est intéressante dans les aménorrhées et oligo-spanioménorrhées (cycles longs, règles faibles, indiquant une insuffisance oestrogénique), tout comme les microrragies (saignements de milieux de cycle, souvent de même cause).      

Je rappelle que les seules formes galéniques utilisables dans ces indications sont celles mettant en oeuvre la plante entière, telles que la teinture-mère ou l'extrait fluide. En effet, même si la plante contient une huile essentielle toxique, celle-ci intervient dans les effets biologiques, et la thuyone n'y est présente cette fois qu'à des dosages aux alentours de 1%. Néanmoins, en cas de surdosage (équivalent à 15 g de feuilles par dose, ce qui est énorme), la thuyone présente dans la plante peut provoquer des tachycardies, bouffées de chaleurs, vertiges. Elle est interdite pendant la grossesse, elle y est inutile dans tous les cas.      

En traitement de base d'une ménopause avec signes d'insuffisance hormonale et fortes transpirations :  Teinture-mère de salvia officinalis : 50 gouttes le matin dans un verre d'eau. 60ml. Augmenter la posologie si nécessaire.      

Et dans les oligo-spanioménorrhées, cycles longs avec règles peu abondantes, ou des saignements répétés au long du mois sans cycles individualisés, on peut chercher à reproduire le cycle naturel au moyen de cette association très classique :  Teinture-mère de salvia officinalis : 50 gouttes mation et soir à prendre depuis le 3° jour après le début des règles et jusqu'au 13° jour du cycle. 125ml  Teinture-mère alchemilla vulgaris : 50 gouttes 2 fois par jour, matin et soir, du 14° au dernier jour du cycle.125ml      

La composition de la sauge sclarée est proche de celle de la sauge officinale, tanins, acide rosmarinique et triterpènes, son huile essentielle en revanche ne possède pas de thyuone, mais du linalol et de l'acétate de linalyle, ainsi qu'un diterpène (sclaréol) qui possèderait une activité oestrogénique propre. Elle est antispasmodique par voie interne, cicatrisante par voie externe, oestrogène-like et aphrodisiaque. On l'indique, outre la ménopause, dans les aménorrhées, oligoménorrhées, les infections génitales par insuffisance hormonale, associées à des troubles circulatoires, varices, hémorroïdes. Elle est inductrice de l'ovulation et m'a gratifié de très bons résultats dans les stéritilés par insuffisance hormonale et de déclanchement ovulatoire, lorsque le bilan ne montre pas d'anomalie chez la femme (ni chez l'homme). En général dans ce cas, 3 à 4 mois peuvent suffire :  

Dans la stérilité par blocage hormonal (souvent psychogène), de bilan négatif :  Extrait Phyto-Standardisé de sauge sclarée (salcia sclarea): 5ml (soit une cuillerée à café) matin et soir, à prendre dans un grand verre d'eau, depuis le 3° jour des règles jusqu'au 15°jour du cycle. 1 flacon 150ml. En cas de grossesse débutante sous traitement, cette plante ne présente pas de problème de toxicité, mais on arrête bien sûr lorsque le test est positif. La même préparation est indiquée dans les microrragies, les panioménorrhées (posologie plus faible, une cuillère à café par jour).    

 

Source : Cuisine facile n°25 - " Bach et Pythagore, Vingt-six siècles après... " Tome 2, de Roger Tanguy - " Aromathérapie, traitement des maladies par les essences des plantes " du Docteur Jean Valnet